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Crise malgache: Et si l’on mettait la Grande île sous tutelle ?

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L’irresponsabilité de la classe politique malgache et la faillite de ses élites indignent le monde entier. Seuls les politiciens et élites malgaches trouvent que "tout est – encore – normal" dans leur pays alors que tous les signaux virent au rouge et que le peuple malgache se noie dans la pauvreté devenue impossible à cacher.  L‘article ô combien objectif du quotidien burkinabé "Le Pays"  réitère de nouveau que Madagascar va mal et qu’il faut arrêter avec cette puérilité des élites malgaches. Que les trois candidats "illégaux" se montrent responsables et auront la dignité de se retirer de la course à la présidentielle. Sinon, que la Communauté internationale s’impose et ne laissera jamais plus la population malgache pris en otage. L’option de mettre Madagascar "sous tutelle" est devenue "un débat sérieux" à cause des attitudes suicidaires auxquelles s’adonnent ces politiciens, magistrats, militaires, hommes d’églises, bref, les pseudo-élites malgaches qui prétendent gouverner la société malgache.  Honteux!

Source: le Pays

CRISE MALGACHE

  Et si l’on mettait la Grande île sous tutelle ?
Publié le mardi 23 juillet 2013

« Le sommeil de la raison engendre des monstres ». Ce titre d’une gravure du peintre Francisco Goya pourrait bien s’appliquer à ce qui se passe à Madagascar. La raison de l’élite politique de la Grande île semble plongée dans un profond sommeil depuis quelques années déjà, ce qui n’a pas manqué d’enfanter des monstres comme celui de la descente aux enfers de l’économie du pays. En effet, on fait le constat de l’appauvrissement croissant du pays et de ses populations, du fait de la crise politique qui secoue le pays. Chacun des « ténors » de la classe politique malgache se comporte comme si le pouvoir était une fin en soi. En tout cas, au regard de l’attitude des uns et des autres, il ne fait point de doute que le sort des populations, la stabilité et l’état de santé économique du pays leur importent peu. Ratsiraka, Ravalomanana et Rajoelina ne se comportent pas en hommes d’Etat mais en politiciens, passés maîtres dans l’art de calculer, de placer leurs intérêts égoïstes par-dessus toute chose. Visiblement, ils ne se soucient du peuple que du bout des lèvres.

La Grande île, du fait de cette boulimie du pouvoir de ses fils, se meurt

A côté de ces hommes politiques qui entretiennent le brasier, la commission électorale et la Justice malgaches auront, elles aussi, contribué à aggraver la crise. En validant les candidatures contestées au mépris des textes juridiques en vigueur, elles auront jeté de l’huile sur le feu. Elles auraient voulu plonger un peu plus le pays dans le chaos qu’elles n’auraient pas agi autrement. Les règles du scrutin étant torpillées dès cette étape des candidatures, il ne serait guère étonnant que les résultats servent de tremplin aux protagonistes de la crise politique, pour immerger davantage l’île. Le maintien de candidatures contestées ne peut que conduire à des résultats électoraux contestés. Ce ne serait que pure logique.

La Grande île, du fait de cette boulimie du pouvoir de ses fils, se meurt. Depuis la chute de Ravalomanana et l’avènement au pouvoir de Rajoelina, c’est le chaos. Ce pays, alors relativement riche, pointe aujourd’hui à la première place des pays les plus pauvres de la planète. L’instabilité dans laquelle il végète aura porté un coup fatal à l’activité touristique et aux investissements extérieurs, ce qui a eu pour effet d’asphyxier l’économie du pays que la mal gouvernance aura achevé de mettre à genoux. Dire que ce rang de pays le plus pauvre n’est pas à l’honneur de Madagascar est un euphémisme. Il est la conséquence logique des errements de sa classe politique, la rançon de ce passage à vide qui s’éternise.

Au regard de la gravité de la situation, on a presque envie de jeter l’anathème sur le peuple malgache. Comme quoi, chaque peuple mérite ses dirigeants. Comment le peuple malgache peut-il abandonner à ce point le pays aux mains d’hommes politiques, obnubilés par leur seule passion du pouvoir ? Comment la société civile malgache peut-elle rester si inactive face à cette attitude des hommes politiques prêts à détruire le pays pour servir leurs intérêts égoïstes ? Certes, le peuple malgache est probablement lassé de ces combats passés dont celui qui a entraîné l’avènement de Rajoelina au pouvoir ; ces combats qui n’ont servi qu’à aiguiser la soif de pouvoir de quelques individus. Certes, la grande misère dans laquelle elles sont plongées affaiblit, dans tous les sens du terme, les populations qui ont, de ce fait, tendance à se résigner. C’est peut-être là l’excuse. Mais elle ne suffit pas à justifier cette quasi absence des populations du débat sur l’avenir du pays. C’est dire que le peuple malgache, à travers surtout sa société civile, doit se redresser, sous peine d’être complice de la noyade programmée de l’Ile. Sans faire l’apologie des coups d’Etat, il faut dire que l’armée aussi, qui a, du reste, joué un rôle relativement actif dans l’arrivée au pouvoir de Rajoelina et qui partage de ce fait la responsabilité de ses turpitudes, doit savoir s’assumer. Ce d’autant plus qu’à l’heure où nous en sommes, on ne peut vraiment pas parler sérieusement de quelque Etat de droit à préserver en ce qui concerne Madagascar.

Il faudra certainement trouver un remède à la hauteur du mal

En tous les cas, la Grande île mérite mieux. Et il faudra, pour ce faire, que la communauté internationale parle d’une même voix. L’Union africaine devra montrer plus de fermeté vis-à-vis des hommes politiques malgaches, surtout du pouvoir en place. L’Union européenne et la France jouent déjà bien leur partition à travers les sanctions infligées aux protagonistes. Les Etats-Unis, qui estiment qu’il faut laisser tous les candidats se présenter, ne doivent pas perdre de vue que, tant que les « acteurs du chaos » seront en scène, la Grande île glissera inexorablement vers les profondeurs abyssales de l’océan de l’instabilité avec ses vagues chargées de tous les fléaux possibles. Il faudra donc que la communauté internationale vole, avec plus de fermeté, au secours de ce pauvre pays, victime de l’irresponsabilité de ses élites. Ne rien faire s’apparenterait, à bien des égards, à de la non-assistance à personne en danger. Il faudra certainement trouver un remède à la hauteur du mal. Et si une mise sous tutelle onusienne de Madagascar peut permettre d’éviter le pire pour les populations, il est grand temps de l’envisager. Demain sera peut-être trop tard.

« Le Pays »
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